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Académie de danse Vanessa Feuillatte

Rencontre avec Javier Torres

A l’occasion de sa prochaine masterclass à l’académie, Javier  Torres nous a accordé une interview en direct de Perth, en Australie. Récemment nommé directeur du ballet national de Finlande, il nous a raconté son histoire, son parcours et sa philosophie sur la pédagogie, la danse et son goût du challenge… qui lui ont permis de devenir la personne qu’il est aujourd’hui.

Bonne lecture et à très vite.

MAINTENANT, PLACE A L’INTERVIEW !

Maéva : Bonjour Javier, j’espère que tu vas bien ! Je suis ravie de te retrouver pour en apprendre plus sur toi à travers ton parcours, ta pédagogie… Aujourd’hui, on se retrouve par écrans interposés mais j’ai hâte de te voir fin novembre pour ta masterclass à l’académie ! 

Javier : Bonjour Maéva, je suis ravi aussi ! Oui, ça arrive à grands pas. Je suis dans mon hôtel à Perth, en Australie car je suis en pleine réédition du ballet « La belle au bois dormant » !

Maéva : Félicitations pour ta récente nomination en tant que directeur du ballet national de Finlande ! Dis donc, quel emploi du temps… 

Javier : Merci ! Et oui avec mes cours en France et dans d’autres pays… et mon nouveau poste, je vais être pris de partout ! Devenir directeur de l’opéra de Finlande est un super défi. Quand j’étais petit, je rêvais d’un tel post et je sens qu’aujourd’hui est le bon moment. Je me sens prêt à relever le défi ! 

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Maéva : Je te propose de commencer par le commencement : comment t’es tu découvert une passion pour la danse classique ?

Javier : Alors, je vais essayer de faire court car sinon on y est encore ce soir (rires). Depuis tout petit, je rêvais de devenir comédien. A 15 ans, j’étais dans une formation où j’avais, entre autre, des cours de danse. C’est là qu’une de mes amies a vu en moi le potentiel pour devenir danseur classique. Un mois après, par pure chance, l’école nationale de danse classique du Mexique a lancé une audition car ils manquaient de danseurs masculins. J’y suis allé, j’ai tenté le concours et j’ai été sélectionné ! 

Un de mes professeurs m’a enseigné la méthode classique cubaine et m’a envoyé donner des cours de danse à des professionnels alors que je n’avais jamais vraiment dansé ! Tu imagines ?! Je leur donnais des corrections et ils m’écoutaient ! C’est à ce moment là que j’ai compris que quelque chose manquait dans ma formation. Je me suis dit : IL FAUT QUE JE DANSE ! 

Maéva : D’accord ! On peut donc remercier cette amie car sans elle, tu n’aurais jamais tenté une carrière de danseur à l’international ! 

Javier : Exactement ! Là j’étais encore au Mexique. Quand j’ai compris que je voulais vraiment danser, j’ai commencé a envoyer des papier un peu partout. A 25 ans, lorsque je travaillais dans des compagnies, j’ai tenté un concours national et l’un des jurys venait d’Allemagne. Je suis un grand fan de danse contemporaine et de Pinna Bausch. Je rêvais de vivre dans ce pays. J’ai gagné le prix et j’ai obtenu une bourse pour y aller. A partir de ce moment, j’ai su que je voulais travailler en Europe. 

J’ai enchainé les petits boulots et un jour j’ai trouvé un travail en Finlande dans la compagnie d’un ex danseur de Caroline Carson. J’ai dansé à ses côtés pendant deux ans et ensuite, il a été nommé directeur de ballet. Précisément la place que je vais prendre maintenant !

Maéva : D’accord, quelle coïncidence ! On peut dire qu’une boucle se ferme, le destin n’est jamais bien loin. La Finlande n’est donc pas un pays que tu as découvert récemment ! Comment t’es tu retrouvé à troquer le soleil du Mexique pour le climat polaire de la Finlande ? Ça peut paraitre inattendu ! 

Javier : Je te rejoins, très inattendu comme choix. J’ai surpris tout le monde mais un jour, un de mes maîtres spirituels m’a dit : « Lorsque tu fais ce que tu as à faire dans ta vie, l’endroit n’est pas important. C’est lorsque tu arrêtes de faire ce que tu dois. faire, que l’endroit devient un problème. » 

Moi j’aime danser donc même s’il faisait froid et nuit, ce n’était pas très important. Si aujourd’hui je retourne en Finlande, c’est parceque je dois le faire. Mon coeur me le dit et je le suis. 

Maéva : On peut dire que tu as un très beau parcours derrière toi et que le challenge ne te fait pas peur ! C’est quelque chose que tu souhaite transmettre à tes élèves ? 

Javier : Oui, il faut croire en ses rêves et se donner les moyens d’y parvenir. La pédagogie est une passion qui m’anime et un don. Je n’ai jamais arrêté de donner des cours, même lorsque je dansais dans des compagnies. Je pense que d’une certaine façon, c’est mon premier métier. Pour moi, la chose la plus importante est d’emmener les élèves à trouver de la joie dans leur travail.

Maéva : Je suis tout à fait d’accord avec toi. Ça vaut en danse et pour n’importe quelle discipline d’ailleurs. Il me semble que tu as développé une méthode afin d’aider tes élèves dans cet apprentissage….

Javier : J’essaie de leur donner des outils pour qu’ils assimilent plus facilement les mouvements. En 2001, je me suis rendu compte que quelque chose manquait dans l’apprentissage de la danse classique. Il y avait un gros manque de connaissance de l’anatomie. Donc j’ai commencé une recherche qui m’a amené a travailler avec l’association de danse et de médecine, en Allemagne. Depuis, je sais exactement quel os, muscle… est sollicité pout tel ou tel mouvement et comment le travailler. 

J’utilise aussi beaucoup d’images, de sensations. Par exemple, si je te dis de sauter comme sur un nuage, comment t’y prendrais-tu ? 

Maéva : Et bien, je prendrais de l’élan, me propulserai avec force mais attirerai en douceur ! 

Javier : C’est exactement ça ! Une image donne beaucoup plus d’informations musculaires que de simplement dire « il faut plier ses genoux et pousser en atterrissant doucement ». Le mouvement est fait par tout le corps et pas simplement par le genoux. Il faut le ressentir. 

Maéva : C’est une très bonne technique ! D’ailleurs, elle peut être très utile aux danseurs lorsqu’ils incarnent un rôle. En parlant de rôles, quels sont ceux que tu as préféré interpréter ? 

Javier : J’ai énormément profité de la scène. Le plus important pour moi est celui qui m’a permis de faire un solo : Sancho Panza dans la production de Don Quichotte de Patrice Bart. Il y avait une variation de caractère avec de la comédie. Le rôle me collait à la peau car il y avait une série de batterie, de petits sauts et j’étais très doué pour ça. Après, je me suis épanouis dans le rôle de Mercutio avec le côté théâtral… 

Maéva : J’aime beaucoup terminer mes interviews en demandant de me raconter une petite anecdote. Si tu le veux bien Javier, la parole est à toi ! 

Javier : Avec plaisir ! Maéva, certains trains ne passent qu’une seule fois dans notre vie. Il faut suivre son intuition et sauter dans le train. C’est ce que j ‘ai fait ! 

J’ai rencontré mon ancien directeur en Finlande lors d’un stage d’une semaine en Allemagne. Après un cours, je lui ai demandé s’il voulait bien m’embaucher pour danser à ses côtés. Il partait sur Paris la semaine suivante et m’a demandé de le rejoindre afin qu’il puisse mieux évaluer mon niveau. Petit problème : à l’époque je n’avais pas de VISA et je savais que c’était très compliqué d’en obtenir un rapidement. Si je voulais avoir une chance d’obtenir ce contrat, je devais tout faire pour l’obtenir. Le lendemain matin, j’étais le premier dans la file de l’ambassade avec mon passeport en mains, 250$ et un ancien billet d’avion qui n’était plus valable dans les poches. Au guichet, tout était bon jusqu’à ce qu’on me demande le billet d’avion pour Paris, que je n’avais pas. 

« Pas de billet, pas de VISA. Au prochain ! », me voilà sans VISA pour le lundi suivant… Je suis donc sorti de l’ambassade les larmes aux yeux car je voyais ma vie partir. J’ai alors suivi mon intuition et tenté le tout pour le tout. En faisant beaucoup de bruit, je me suis tourné, j’ai sorti les billets (qui n’étaient plus valables) et j’ai dit « j’ai trouvé les billets, je les avais avec moi !!! » La queue était tellement grande et je dérangeai tout le monde alors la personne au guichet m’a vite fait passé, pris les billets sans les regarder et j’ai eu mon VISA ! 

Maéva : Un coup de génie, bravo !! Merci beaucoup Javier pour le temps que tu m’as accordé. J’en ai beaucoup appris sur toi et je suis sure que ton histoire va en inspirer plus d’uns. On se retrouve le week-end du 27 & 28 novembre prochains pour une masterclass exceptionnelle, à ton retour d’Australie ! A très vite 

Interview réalisée par Maéva Baranger

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