Actualités

Ballet : un art pour tous !

Ballet : un art pour tous !

Si nous vous parlons de ballet, il y a de très grandes chances pour que les premières images qui vous viennent à l’esprit soient un tutu, puis une paire de pointes ou de collants, tous roses bien évidemment. Pourquoi ?

 

Et bien parce que pendant des années notre société a placé la danse classique comme une pratique purement féminine. Une perception grandement stéréotypée et déformée qui a conduit une innombrable quantité de futurs interprètes masculins à ne pas franchir le cap… hélas !

 

Le ballet est féminin et masculin.

Notre société évolue, les codes et les moeurs changent et l’esprit collectif s’ouvre doucement… Les hommes sont de plus en plus reconnus en tant que danseurs de ballet mais encore trop de danseurs, notamment les plus jeunes, cachent leur pratique artistique du regard biaisé et souvent blessant de leurs pairs masculins et/ou de leurs proches. Pourtant, le ballet a besoin d’hommes/garçons ! Particulièrement dans les studios de quartiers et de banlieues où les élèves comme les enseignants voient leurs rangs désertés par la gent masculine.

La réalité, c’est que le ballet possède des attributs très masculins (comme féminins) et ce depuis son origine ! Figurez-vous que c’est au XVème siècle, en Italie, qu’est apparu le ballet lors des cérémonies officielles, des fêtes et des mariages, là où les danseurs et musiciens avaient pour rôle de distraire hôtes et convives. Ramené par Catherine de Médicis à la cour du Roi de France un siècle plus tard, la danse classique fait alors la part belle… aux hommes ! Les femmes n’ont à cette période que des rôles « secondaires » dans ces grands ballets de cour qui servent tant à divertir qu’à des fins de propagande. Toute la famille royale participe, ainsi que les courtisans et quelques danseurs professionnels. Un art réservé à la bourgeoisie politique, majoritairement masculin, servant à mettre en évidence la puissance et la richesse du royaume de France ? Nous sommes là bien loin de la délicatesse et de la volupté automatiquement attribués au ballet tel que nous le connaissons aujourd’hui.

 

Ballet de cour

Louis XIV incarnant Le Soleil dans Le Ballet de la nuit.
Henri de Gissey (1621 – 1673) © Domaine public – Creative Commons

 

Les stéréotypes ont la peau dure, les danseurs aussi.

Le ballet, synonyme de délicatesse, de soumission et de féminité extrapolée ? Faux ! La pratique de la danse classique (et de la danse en général) est une affaire de confiance en soi, de liberté et de puissance intérieure. Saviez-vous qu’au delà des fondamentaux, il existe bon nombre de différences entre la formation d’une danseuse classique et celle d’un danseur classique ? Prenez pour exemple les danseuses qui travaillent sur pointes, développent leur équilibre et leur grâce, là où les danseurs mettront davantage leurs efforts sur les sauts, la force et la masculinité. Aussi, dans l’exercice du porté ou du soutien à sa partenaire, le danseur doit rester impassible et donner l’illusion que ses mouvements sont effectués sans efforts : encore un travail de force et de confiance.

La danse classique s’exprime par le contrôle total du corps, les mouvements nécessitent l’activation simultanée et invisible de plusieurs ensembles de muscles, sans cesse mobilisés. Car oui, les danseuses et les danseurs sont des sportifs de haut niveau, de véritables athlètes.

Encore un facteur parfois vecteur de stéréotypes ou de railleries : la tenue du danseur. Dans le studio de danse, lors des classes, votre professeur a besoin de voir vos mouvements, votre alignement, votre posture. Ainsi s’explique le port d’une tenue près du corps !

 

La sensibilité n’a pas de genre.

Malgré ces préjugés, la danseuse et le danseur sont des interprètes, incarnant tantôt la féminité, tantôt la masculinité dans le ballet. Femme ou homme, la danse classique vous tonifiera, améliorera votre technique, votre mémoire, votre puissance, votre souplesse, votre précision et développera votre sens artistique et votre estime personnelle. Cet art n’est donc réservé à personne mais ouvert à tout le monde. C’est avant tout un patrimoine immatériel, dont la transmission s’effectue depuis des générations dans notre pays via l’école française de la danse classique et qui, comme tout art, touchera les personnes qui y sont sensibles. Un point c’est tout.